« Ce qui m’inquiète c’est que privés d’espoir, ils sont maintenant dangereux. »

 Sanjuro d’Akira Kurosawa… Il est rare de nos jours d’apprécier un film pour la finesse des dialogues. Ici, le dialogue ne sert pas simplement à faire avancer l’histoire, mais beaucoup des dialogues sont philosophiques et portent à réflexion. On écoute pas seulement un film, on écoute de la poésie. Toshiro Mifune qui joue le rôle de Sanjuro, incarne un personnage semblable à celui qu’il a dans les Sept Samurai. En voici la bande annonce originale :     Ce film se démarque aussi par le fait qu’il possède très peu de lieux et peu de coupures dans les plans de caméra comparé à ce qu’on est habitué de voir où les coupures servent souvent à accélérer le rythme du film. Les changements de plans servent surtout à montrer la personne qui parle, donc peu ou pas de reaction shots. On assiste presque à une pièce de théâtre. En même temps je n’ai pas eu l’impression qu’il manquait quelque chose au film. Tout est simplifié, mais tellement efficace. L’histoire et les acteurs suffisent à eux seuls à faire un excellent film. Il n’y a presque pas de musique, le rythme du montage est adapté à l’histoire, on a pas l’impression qu’on accélère simplement pour accrocher le spectateur, il n’y a qu’un seul effet spécial visible, les combats n’ont rien de spectaculaire et ne sont pas inutilement acrobatiques… On  se sert beaucoup des silences pour laisser le temps aux spectateurs de s’approprier l’histoire. Autant dans les longs silences qu’avec des répliques manquantes. On assiste à une œuvre qui n’est pas une copie de ce qui est connu aujourd’hui. Le personnage n’est pas un héros pour être héros, il est un esprit libre qui utilise son efficacité mentale pour aider. Il est plus un bum qu’un héros. On le sent humain tous le long du film, car il se sert surtout de sa tête pour résoudre les problèmes. Les combats ressemblent plus à un jeu d’échecs en accéléré que d’une démonstration de gymnastique. Les mouvements sont simples et efficaces, comme le film dans son ensemble. Sanjuro n’est pas un film, c’est une inspiration.

~ par Mister Pink le Mercredi 31 octobre 2007.

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