Étude sur la manipulation du spectateur 01 : La musique
On le sait tous, la musique a une grande influence sur la perception de la vidéo. J’ai tenté l’expérience de présenter une séquence vidéo avec différentes musiques par-dessus. L’expérience aurait pu continuer avec milles autres musiques… J’ai tenté de présenter un acteur et un lieu avec une certaine neutralité. La teinte verdâtre est souvent utilisée dans les films d’horreur ou dans des scènes angoissante. J’ai voulu voir si la musique allait réussir à aller au-delà du conditionnement de l’œil. Le son ne colle pas toujours très bien à l’image, mais on peut quand même voir comment il domine la perception. Sans la musique, j’ai trouvé que la première séquence portait plus sur une réflexion. Je me demande ce que le personnage regarde, ce qu’il fait là et ce qu’il pense. Avec la musique, c’est l’émotion qui arrive en premier, la réflexion ensuite. La musique suscite instantanément une émotion, qui est basé sur notre culture ou notre vécu ainsi que sur l’agencement de notes. Ensuite vient un phénomène semblable à ce qui se passe lorsque l’on est heureux, en colère, déprimé, notre émotion du moment va modifier à différents degrés la perception du monde et le traitement de nos idées. Selon moi ce phénomène est amplifié devant le vidéo, les émotions deviennent encore plus influençable, puisque devant l’image nous sommes passif, soumis au contenu qui est une communication à sens unique. De plus, ce que nous regardons n’influencera pas directement notre réel, et donc nous sommes portés à nous laisser bercer émotionnellement dans le monde imaginaire plus que dans la vie réelle. L’école de Francfort dira que cette vulnérabilité devant l’image est issue du conditionnement des médias de masse plutôt que de la nature de l’être humain. Donc l’émotion que nous éprouvons influence directement notre perception du personnage dans cette vidéo. J’ai aussi remarqué que la première séquence avec le silence comme musique est moins intéressante. Selon Adorno et Horkheimer ceci serait dû au fait que les médias nous auraient conditionnés en nous montrant le plus clairement possible ce que l’on doit comprendre de l’image, ce qui tue l’imagination. Cela peut expliquer pourquoi je trouve la séquence vide et terne (malgré que l’acteur y est pour beaucoup). Certaines publicités vont d’ailleurs utiliser le silence, profitant de l’instant où le spectateur est déstabilisé pour passer le message. Alors chers animaux guidés par l’instinct et l’émotion, la prochaine fois qu’une publicité s’occupe subtilement à manipuler vos sentiments, mettez la télé sur mute et jugez si le produit est toujours aussi intéressant.

J’avoue qu’il y a un certain écart de perception entre la deuxième et la troisième prises. On dirait vraiment que les séquences vidéo ne sont pas les mêmes… expérimentation intéressante et étonnante.
Bref, la trame sonore semble influencer le récepteur plus que j’aurais été porté à penser.